Vrac à l'âme

Quelques trouvailles en vrac…

Mad Men, une fascinante plongée dans l’Amérique des années 60

février9

S’il devait n’y avoir qu’un seul mot pour définir la série Mad Men, ce serait l’élégance. L’élégance de sa mise en scène, de ses décors et de ses personnages.

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Cette série, lancée en 2007, décrit l’Amérique des Années 60 à travers la vie d’une agence de publicité new-yorkaise, Sterling Cooper Advertising Agency. On y suit le parcours de Don Draper, un publicitaire à l’ascension fulgurante mais au passé opaque. Un homme autour duquel valsent plusieurs personnages singuliers : sa secrétaire, son jeune collègue ambitieux, sa femme, le parton de l’agence…Chez chacun, on découvre petit à petit derrière leur apparence soignée et leur assurance feinte, des angoisses réelles. Car derrière son atmosphère envoutante, dans ces bureaux enfumés où la lumière filtre difficilement à travers les stores à demi-ouverts, la série aborde une période cruciale de l’histoire des Etats-Unis, où le pays, qui vient de devenir le plus puissant du monde, oscille entre conservatisme et modernisme (une hésitation toujours palpable aujourd’hui, notamment lors des campagnes présidentielles). La série décrit de manière subtile cette mutation de la société en développant des thèmes décisifs comme la place de la femme, la société de consommation ou encore la ségrégation raciale.

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Créé par Matthew Weiner, l’un des scénaristes des Soprano, cette série tient toutes ces promesses. On s’attache très vite à ses personnages, à leur destinée, mais aussi à leur désarroi face à un monde qui évolue et qu’ils ont du mal à suivre, alors qu’eux-même n’hésitent pas à bousculer les mœurs à travers leurs campagnes de publicité. La narration mêle habilement les différentes intrigues, en révélant au fil des épisodes la complexité de chaque personnage. Séducteurs et manipulateurs, les hommes ne tardent pas à dévoiler leurs faiblesses face à des femmes en quête d’émancipation. Porté par un casting impressionnant, Mad Men séduit par son ambiance authentique et sa reconstitution minutieuse. Le traitement de cette période charnière dans l’évolution de nos modes de consommation, avec la prééminence du American Way Of Life, est développé de manière percutante et ingénieuse, tout en gardant une résonance très contemporaine.

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Shot Instant #2

février2

Après les premières photos la semaine dernière, voici la suite de mes tâtonnements photographiques avec une série de clichés consacrés à Nantes.

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La Régate

janvier31

Cette semaine, j’ai vu le premier long métrage d’un monsieur qui s’appelle Bernard Bellefroid. Parfois, il y a des films qui vous bouleverse, qui vous parle. La Régate fait parti de ceux-là et c’est de ce film que je vais vous parlez.

Tout d’abord, je vais dire quelques mots sur le festival Premiers Plans d’Angers qui a été ma principale occupation cette semaine. Pour ceux qui ne connaissent pas, Premiers Plans est un festival de cinéma qui a déjà fait ses preuves puisque cette année se déroulait la 22e édition. Ce festival est ouvert sur le jeune cinéma européen. Il rend également des hommages à travers des rétrospectives, qui cette année étaient consacrées à Guillaume Depardieu ( disparu en octobre 2008), à Jean-Pierre Melville ( le maître du film noir: « Le Samouraï », « Le cercle rouge »…) et au jeune cinéma turc. Une catégorie était également réservée au thème de la Peur au cinéma ( « Tesis », « Les chiens de paille », « Psychose »…).

Le festival PP est un rendez-vous important pour les angevins, les cinéphiles, les amoureux du 7e art mais aussi pour tous ces jeunes auteurs, scénaristes, réalisateurs et acteurs qui viennent présenter leur premier film pour la première fois en France. Mais si il y a bien une chose qui me réjouit dans ce festival c’est le mélange, la diversité, les émotions procurées lors des projections et des rencontres car il est avant tout un dialogue inter-culturel.

La Régate est un film qui parle d’un jeune garçon, Alex (interprété par Joffrey Verbruggen), de sa passion pour l’aviron, de relations humaines mais surtout de la relation d’un fils et d’un père violent et de ce fils tiraillé entre le sentiment d’amour pour son père et celui de haine envers ce dernier. Tout au long du film on se demande s’il va rester avec son père et commencer à ne plus vivre ou s’il va partir et vivre pleinement. Ce père qui petit à petit sombre dans la solitude et ce fils qui prend goût à la vie. Avec un Sergi Lopez (Sergi, l’entraineur d’aviron) dans un étonnant second rôle, plein d’humour et de sensibilité. Sergi va faire parti de l’entourage d’Alex et de ceux qui ne voit pas la violence dont souffre Alex.

La Régate parle d’un sujet réel. La violence familiale existe dans beaucoup de foyers mais elle est trop souvent secrète, non-dite. Dans son film, Bernard Bellefroid la dévoile petit à petit au fil de l’histoire tout en maintenant l’intrigue jusqu’à la fin. Autant dire que pour sa première fiction, ce réalisateur belge nous a transmit beaucoup d’émotions. Il fait d’ailleurs parti du palmarès du festival puisqu’il a reçu le Prix du public long métrage-long métrage européen. Un succès mérité au vu des applaudissements de la salle à l’issue de la projection.

Je termine par les mots du réalisateur à propos de son film: « Je connais bien Alexandre. J’ai longtemps regardé le monde avec ses yeux. Comme lui, j’ai longtemps vécu dans une violence que l’on dit « domestique », « privée » mais toujours cachée. A l’époque, je ne me rendais pas compte que c’était grave. J’avais finis par croire que la violence était un langage comme les autres. Il n’y a pas de sortie paisible d’une telle « relation ». La rupture ne saurait être que déchirure. Avec le recul seule la fuite m’apparaissait et m’apparait toujours comme la seule issue morale. Moi je suis parti pour mieux me reconstruire ailleurs. La Régate n’est pas un film de guerre pour la guerre. C’est un film de guerrier. Un guerrier qui refuserait la guerre. Un déserteur. Ce n’est pas un film qui s’enfonce dan la violence, c’est la trajectoire inverse. C’est l’histoire d’un homme en devenir qui se bat contre lui-même. C’est l’histoire d’un combat intérieur pour devenir un homme libre. C’est l’histoire d’Alexandre qui se dresse contre la fatalité de la violence pour aller à la quête de sa propre humanité, enfouie mais pas disparue.»

Pour ceux à qui ma découverte a donné envie, le film sort en salle le 17 février prochain.

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Battlestar Galactica, un space opéra palpitant

janvier29

Dur de parler de Battlestar Galactica sans en dévoiler l’intrigue. Le point de départ de cette série de science-fiction laisse déjà deviner les thèmes qui y seront abordés.

Les humains ont créé des androïdes, les Cylons, qui se sont retournés contre eux. Après une guerre sanglante, une trêve a été signée et les humains n’ont plus de nouvelles des Cylons, partis sur une autre planète, depuis maintenant une quarantaine d’année. Durant cette trêve, les humains ont reconstruit leur monde, les 12 colonies, et ne se préoccupent plus des androïdes. Le vieux vaisseau Battlestar Galactica, qui a servi durant la guerre contre les Cylons, va être démilitarisé et transformé en musée. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu…

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Très influencée par les œuvres d’écrivains comme Isaac Asimov et Philip K. Dick, la série aborde la passionnante question de la place de la machine dotée d’une intelligence artificielle et du comportement de l’homme face à sa « Création », en nous interrogeant sur l’essence même de notre humanité. Si ces thèmes ont déjà été abordé par des (mes?) classiques de la science-fiction (Blade Runner, Ghost In The Shell, Metropolis), le format de la série est particulièrement adapté au développement de ces problématiques, ayant le temps de beaucoup plus s’intéresser à la psychologie des personnages. Comme beaucoup d’œuvres de science-fiction, BSG se sert d’un contexte futuriste pour mieux aborder les thèmes du présent, en particulier autour de la politique, du monde militaire et de la religion.

La série ne néglige pas non plus l’action. Le rythme des épisodes est particulièrement soutenu, à commencer par l’épisode-pilote de 3 heures (!), ponctués de multiples rebondissements (mention spéciale pour les cliffhangers, ces fins d’épisodes qui nous laisse sur un suspense intenable) et des retournements de situation à n’en plus finir. Sans oublier les scène de combat et de batailles de vaisseaux. Autre point fort de la série, sa « galerie » de personnages, attachants mais ambigües (la série tombe rarement dans un traitement manichéen), rendus crédible par un casting plutôt bien ficelé (à part l’insupportable Gaïus Baltar). Les auteurs de la série ont apporté un soin particulier à la trame narrative de la série qui nous tient en haleine toute au long de l’histoire (j’en suis pour l’instant qu’à la deuxième saison).

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A noter que BSG est en réalité un remake d’une série appelée…Galactica ! Apparemment l’esprit de la nouvelle série est assez différent de celui de l’originale (n’ayant pas vu la série originale je ne peux pas confirmer), en optant pour un ton plus sérieux.

J’avoue avoir mis un certains temps à me décider à regarder Battlestar Galactica (la série a commencé à être diffusé en 2004 et est aujourd’hui achevée) de peur d’être déçu, le postulat de départ ayant déjà été mainte fois exploité en littérature et au cinéma. Mais la série, qui se démarque par son savoureux mélange des genres et son format, séduit très vite par son souffle épique et par les réflexions qu’elle développe, loin des stéréotypes entretenus par certains blockbusters (suivez mon regard). A voir absolument pour ceux qui s’intéresse à la science-fiction donc, mais pas que, la densité de l’intrigue et la diversité des péripéties pouvant plaire à un large public.

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Gainsbourg, conte épique

janvier27

Faire un film sur l’un des chanteurs français les plus marquant du XXe siècle, autant par ses compositions que par ses frasques, était un pari difficile. Joann Sfar l’a plutôt bien réussi. Le dessinateur de bande dessinée, auteur notamment de la série Le Chat du rabbin, réalise ici son premier film en s’attaquant au monument qu’est Gainsbourg.

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Pour ce, il a choisi une approche très « BD » : le conte. Au lieu de réaliser un biopic fidèle à la réalité comme avait pu le faire Olivier Dahan avec Edith Piaf dans La môme, Joann Sfar a choisit un traitement plus léger. Avec l’ingénieuse idée d’exprimer les contradictions du personnage et ses errements à travers un double, La Gueule, auquel Gainsbourg (sublimement interprété par Eric Elmosnino) est confronté tout au long du film, particulièrement lorsque se posent certains dilemmes.

Le début du film traite de la jeunesse de Gainsbourg, et tente d’expliquer les obsessions du chanteur à travers quelques évènements marquants. L’équipe du film a ensuite choisi de rythmer le récit par les rencontres qui auront marqué la vie du chanteur, en particulier celles avec les femmes, qui deviendront de véritables muses (Juliette Gréco, Brigitte Bardot, Jane Birkin). Certaines scènes sont magnifiques, comme celle où il improvise un duo avec Boris Vian (interprété par Philippe Katerine) sur un savoureux « mash-up » de Je Bois et de Intoxicated Man, avec à l’arrière plan les Frères Jacques qui dorment imbriqués dans les meubles de l’appartement. Ou encore celle où on voit Gainsbourg et Bardot travailler Bonnie et Clyde autour du piano avec une vue panoramique sur Paris à l’arrière. D’autres scènes sont de vrais régals de burlesque, en particulier la scène où Gainsbarre et Birkin présente la chanson Je t’aime moi non plus à leur producteur (campé par l’étonnant Claude Chabrol), dont le montage et les plans sont très inspirés par la bande dessinée.

Le film a un peu de mal à tenir la longueur et a tendance à s’essouffler à sa moitié, où l’enchainement des scènes de chant devient répétitif et qui laissent craindre que le film se finisse en « best-of ». On peut notamment regretter le peu de séquence consacrées à l’écriture et à l’histoire de ses chansons. Heureusement la fin du film, qui s’attarde plus sur la déchéance de cet « héros », entraine un regain d’intérêt.

Note intéressante, ce Gainsbourg, vie héroïque illustre trois tendances du cinéma actuel : les réalisateurs de bande dessinées qui se mettent à la réalisation en apportant une certaine fraicheur (Riad Sattouf avec Les Beaux Gosses, Frank Miller avec Sin City, Enki Bilal avec Immortel), les acteurs qui se mettent à la chanson (même si cela a toujours existé, les frontières entre les deux professions sont de plus en plus floues) et bien sûr celle des biopics, notamment en France (Piaf, Coluche ou encore Coco Channel ces dernières années).

Peut-être que le film rebutera quelques puristes, certains regretteront un traitement narratif qui ne soit pas à la mesure de la complexité du personnage, mais Gainsbourg, Vie Héroïque reste un joli conte, plastiquement très réussi, rythmé par de belles scènes et porté par un casting impeccable.

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