Local Natives, une douce sauvagerie
La Californie était reine dimanche soir à l’Olympic. Le festival des Inrocks squattait la salle nantaise pendant 2 soirées avec pour mission de faire découvrir les nouvelles pousses de la scène indie, en privilégiant un certain éclectisme. A vrai dire, c’est surtout la présence de Local Natives qui nous a déterminé à prendre nos places.

La soirée commençait pourtant bien mal avec les navrants La Patère Rose, une sorte de Cœur de Pirate version synthé, ou de Mylène Farmer version québécoise. A vous de choisir lequel de ces deux attributs est le pire.
Le deuxième groupe, Warpaint, avait tout pour intriguer : quatre californiennes, faisant elle même leurs balances, et dont le premier album a été produit par John Frusciante, guitariste des Red Hot Chili Peppers. Les premières notes suffissent à nous laisser bercer par leur poésie sombre, ténébreuse qui rappelle furieusement les Siouxsie and the Banshees, groupe anglais phare de l’ère post-punk et de ses expérimentations. Atmosphère nébuleuse donc, mais pas sinistre. L’ambiance créée par ces 4 copines trentenaires est fascinante, les compositions sans fin nous tiennent en haleine pendant 10, 15, 20 minutes. Le temps ne compte plus vraiment. Et tout ça finit bien trop tôt (les concert ne durent que 3 quarts d’heure/1 heure au festival des Inrocks). Une véritable claque. On voit rarement des concerts avec des ambiances aussi magnétisante.
Après un EP, Exquisite Corpse, sorti en 2008, Warpaint vient de sortir son premier album, The Fool. Un très joli disque, entre douceur et mélancolie.
Nous voilà à peine remis de nos émotions, que démarrait le concert de Local Natives. Ce groupe californien, dont les membres sont à peine âgés de 20 ans, s’est fait remarquer en début d’année avec la sortie de son album Gorilla Manor. Avec un style bien caractéristique : des ballades aux accents folk, axées sur des mélodies entrainantes, qui montent lentement en puissance pour finir sur des cadences bondissantes. Un des albums les plus intéressants de l’année, pourtant inégal, souffrant de quelques baisses de régime sur quelques passages de l’album. Grâce à leur merveilleuse maitrise du déploiement de leur composition, les Local Natives arrivent à susciter une sorte d’envoutement. On retrouve là aussi une certaine mélancolie, mais plus enjouée, presque ensoleillée, que celle des Warpaint. Avec notamment l’un des plus beaux titres-intro de ces dernières années : Wide-Eyes.
Après deux premières chansons interprétées de façon quasi-identique à l’album, le concert prend une autre tournure. Les musiciens deviennent plus remuant, quelques notes provoque l’agitation du public. Les 5 membres du groupe échangent leurs places, leurs instruments, ils se relaient au chants et aux chœurs. Une inventivité simple et réjouissante, un concert agité par une sorte de folie contrôlée. Avec de véritables moments poignants : comment ne pas frissonner à l’écoute de Warning Sign (fabuleuse reprise des Talking Heads) ou de Sun Hands et de son final en apothéose ?
Malgré une basse un peu trop présente (les ingés-sons devraient avoir le droit à la retraite à 40 ans), les Local Natives ont livré une prestation exaltante, joyeuse, qui laisse des traces indélébiles, notamment à la réécoute de l’album. Court mais intense, l’un des meilleurs concerts que j’ai eu l’occasion de voir cette année.
Le festival s’achevait sur le concert de The Choral, annoncé comme l’une des têtes d’affiche du festival. Comment qualifier ça ? Vain ? Moyen ? Inintéressant ? En tout cas la prestation des anglais était aussi lisse que leurs cheveux.







